Vendredi 10 juillet 2009
-
Recommander
0
Texte
La milice du savoir vivre
J'étais là et dans le fond,
Je ne savais pas pourquoi,
Au dîner de l'ambassadeur.
Entouré d'aristocrates, de bourgeois,
De nababs et de patrons d'industries.
Tous, vétu des plus beaux atours,
Diamants et bimbos pulpeuses.
Et parmi ceux là
pas le moindre scrupule.
Les dollars me faisaient étérnuer.
Les sangs bleus m'avaient convié à un cocktail
et ensuite il y aurait non pas
" Un coq au vin "
Mais un plat appelé
" Un pauvre fourré aux truffes "
A l'annonce du plat gargantuesque, les Crésus
s'étaient mis à rire de bon coeur et
Je fus tout à fait ébloui par le reflet des lustres en cristal
Qui reverberaient une lumière insoutenable
dans leurs dents en or.
Mon mécène
Le Comte Auguste de la Motte au Cul
Et la Duchesse De Rossignol m'avaient convié
A cette réunion des Hauts Esprits.
Et des bonnes manières.
Et je ne me sentais pas
" Un invité d'honneur "
Parmi cette faune argentée et désabusée
Mêlant nouveaux riches sous les spotlights
et anciens riches faisant du baise cuillère
Afin de retrouver les héritages dissipés des enfants
Et arrière-petits enfants
dépensiers et sans problèmes existenciels.
Une Baronne en mal de courtoisie
S'approcha de moi,
Juste au moment ou j'allai
Commettre un larcin,
J'allai glisser quatre ou cinq
Pots de caviar
et une bonne douzaine de cigares dans ma poche
Quand elle m'accosta et me dit:
" Alors très cher, c'est vous l'artiste ?? "
Embetté de ne pas pouvoir poursuivre mon crime
Je me retournai vers la cigogne,
Et je lui dis:
" Euuuuu Bein ouais.....
Je cherchais un endroit dans ce vaste édifice
Ou je pouvais essuyer dans du satin
la graisse de saumon fumé que j'ai sur les mains
Mais à part le chapeau en autruche de La Comtesse
Gladys de la Fente en Feu, je ne trouve rien d'assez adequat
Pour commettre mon indélicatesse.
En effet , Madame la Baronne, je suis David Beck
Un artiste désargenté,
Mes ancêtres, des Cosaques Polonais
Ont malheureusement franchi la Vistule
en omettant de m'enseigner les bonnes manières. "
Et la grosse Baronne se mit à rire dans un rire
Convulsif, moitié sincère et moitié faux.
Signe distinctif d'une caste
que je ne pouvais pas comprendre.
Et je fût débarassé par la baleine à bosse
Lorsque son fils Gonzague lui fit signe pour rencontrer
Albert de la Bite au Vent
Le descendant des Bouteilles de Bourbon
Homosexuel sans enfant
Qui devrait assurer
Bien malgré lui
La descendance de cette famille en déchéance
Parmi ce monde sans pitié
Qu'on nomme les hautes sphères de la France.
Je me grattais souvent le nez
Et faisait le tour des tables
Pour déboucher les meilleurs vins
Et tout ça, dans le dos
Des aristos qui parlaient de choses incompréhensibles
Pour mon esprit sauvage.
Je prenais des cartes de visite sans importance
Avec lesquelles, je ferai des filtres à café de fortune.
J'étais repu telle une bête,
Un sanglier Ardennais.
J'avais envie de me rouler dans la boue.
Je voullai lâcher une caisse
Afin de soulager mon aérophagie passagère
Dû à mon statut de nouveau riche.
Discrètement pendant que le majordome
Servait sur des plateaux d'argent les coupes
De champagne aux Maradjhas
J'effectuais une roulade à la manière
D'un chimpanzé en mal de bananes.
Et je me cachais sous la table de cérémonie
Immense, garnie de verres Baccarat.
Allongé sur le dos et imbibé d'alcool,
Et de foie gras.
J'étais bien décidé à m'endormir
jusqu'à la fin de cette affreuse partie
Genre Rotary Club pour Scouts Catholiques
En mal de luxure.
Je me sentais pris au piège comme
Un cachalot pris dans des filets.
J'allai m'endormir
juste au moment ou allai commençer
l'intronisation d'un patron du CAC 40
en proie à une mégalomanie aigue.
Excroissance d'un mental et d'un orgueil
Excessif qui fait croire à chacun de ces individus
Que leur bite est une tour Eiffel qui éclaire le monde.
Mais soudain mon téléphone portable sonna.
Ma tête cogna contre l'épaisseur du chêne vernis
Et je me mis à chercher, paniqué,
Mon putain de téléphone
Et sa musique de Bob Marley comme sonnerie.
Déjà les riches avaient empoigné
Leurs bergers Allemands
Et ils cherchaient l'intru.
J'allai me faire prendre.
Et perdre ma carte de VIP
Ils me trouveront
Et me décapiteront
Dans les caves de la demeure royale
Entre des bouteilles de Bordeaux
Et les catacombes
C'est trop dur d'être un pauvre
Parmi les riches !!!
Au moment, ou un chien allait
me trouver.
Je fis une roulade de côté
Comme je l'ai appris grâce à
mon admiration pour Rick Hunter
Et je me cachait sous la robe de
Soixante dix mètres de long
De la reine d'Angleterre qui avait été convié
Au festin.
Ca sentait sous sa robe
Le poisson pourri
Et la mauvaise nourriture Anglaise.
J'y vis des choses épouvantables
A cet endroit.
Même je n'étais pas le seul sous sa robe !!!
Comment aurions nous pu croire
qu'une dame si chaste
Que la reine avait sous sa robe de mégère
Une demi-douzaine d'écuyers
De la garde
Pour lui assurer
Une retraite dorée
à l'ombre des cravaches ?
J'apprenais des choses épouvantables
Dans ce monde fermé
Et claustrophobe aux restes du monde.
La reine d'Angleterre marchait lentement
Et j'étais toujours caché sous sa robe.
Je pinçeais mon nez
Comme je pouvais.
Ca puait sec sous la momie !!!
Nom de Dieu, comment les Anglais
peuvent-ils avoir comme gouvernante une telle infection ?
Juste au moment, ou la portière de sa Rolls Royce
Allait se refermer et l'emmener vers son royaume doré.
Je fis une roulade discrète vers les arbres de la
Propriété immense.
Dans la nuit, à l'ombre des fastes, du brillant
De la condescendance, des pierres précieuses
et de l'avidité générale,
Personne ne prêta attention à ma fuite.
Je mis le cap vers les Ardennes,
Vers mes forêts,
Bien heureux de retrouver ma vie sauvage
Et les odeurs familières de la bouse.
Enfin libéré de la milice du savoir vivre !!!
David Beck
10
Juillet 2009
Derniers Commentaires